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La chimie et le laboratoire de la vie Mercredi 9 avril 2008, 14h (Salle Couvreur – LEW) Chimie prébiotique et origine de la vie Professeur Jacques Reisse (ULB et Académie Royale de Belgique) Durant l’exposé, on examinera essentiellement en quoi le questionnement à propos de l’origine de la vie est singulier. Ce questionnement, pour conduire à des réponses, doit être structuré en sous-questions que l’on peut classer en trois catégories : celles auxquelles la science peut apporter des réponses, celles auxquelles la science a déjà apporté une réponse, celles aussi pour lesquelles, il n’existera peut être jamais de réponse scientifique. Les réponses prennent des formes diverses mais elles n’ont jamais le caractère de certitudes scientifiques telles qu’on les connaît dans d’autres domaines scientifiques. Il s’agit là d’une conséquence directe de la composante historique du questionnement concernant l’origine de la vie. En effet, il n’existe aucun vestige direct, aucun « fossile » des systèmes moléculaires prébiotiques qui ont permis l’émergence de cette propriété nouvelle de la matière que l’on nomme « vie ». Membre de la Classe des Sciences de l’Académie Royale de Belgique, Jacques Reisse est professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles, où il a enseigné la chimie physique. Il est auteur de nombreux travaux portant sur la structure moléculaire de la matière et les interactions qui en déterminent les propriétés, dans des spécialités concernant la stéréochimie, la résonance nucléaire magnétique, la structure de l’état liquide, la sonochimie, la cosmochimie organique et l’évolution chimique. Il s’est intéressé depuis de longues années a la définition de la vie et est co-auteur de plusieurs ouvrages sur ce thème. Son dernier livre La longue histoire de la matière. Une complexité croissante depuis des milliards d'années (PUF, 2006) dresse un état des connaissances sur le mécanisme suivant lequel la matière se complexifie depuis le cœur des étoiles jusqu’à l’apparition de l’homme.
Recréer la Vie ? Richard-Emmanuel Eastes (ENS, Paris) Parmi les grands défis que s'est donnée la science au XXe siècle figure celui d'Expliquer la Vie. En inventant la « biologie synthétique », Stéphane Leduc (1853 – 1939), nommé Professeur à l'Ecole de Médecine de Nantes en 1883, pensait y être parvenu. Fasciné par les phénomènes de croissance osmotique, il pense pouvoir en 1910 combler le fossé théorique qui séparait jusqu'ici le vivant du non-vivant, en proposant une nouvelle version du « chaînon manquant » entre l'inorganique et l'organique. Mais bien vite, les idées de Leduc seront balayées par la convergence de nouvelles connaissances issues de la chimie, de l'astronomie et, bien sûr, de la génétique ; c'est pourquoi ce sont les écrits des philosophes et historiens des sciences qui rendent le plus justice à ces théories qui, aujourd'hui, nous apparaissent comme de naïves élucubrations. Un siècle plus tard, sous le regard et la technique de notre photographe, nous allons reproduire ses expériences historiques et tenter de révéler à nouveau toute la splendeur des formes et des couleurs que sa théorie lui avait permis d'engendrer.
Ancien élève de l’Ecole normale supérieure de Lyon, Richard-Emmanuel Eastes a effectué des travaux de recherche privée en biochimie aux Etats-Unis, en chimie supramoléculaire au Collège de France, en chimie de l’atmosphère et en électrochimie organométallique en France. Au sein du Département d’Etudes Cognitives de l’Ecole normale supérieure où il exerce à présent les fonctions de Chargé de mission pour les questions scientifiques, il cherche à appliquer les résultats récents des sciences cognitives aux questions éducatives. Passionné d’animation scientifique, il est – entre autres activités- co-fondateur de l’association Les Atomes Crochus, qui assure le développement et la production d’actions de formation et de vulgarisation privilégiant les aspects ludiques et spectaculaires de l’expérimentation en sciences.
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