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Il y a 200 ans, les atomes de John Dalton Mercredi 7 mai à 14 heures (Centre Vésale, Université de Mons-Hainaut, av. du Champ de Mars) John Dalton (1766-1844) et l’origine de sa théorie atomique Dr Brigitte Van Tiggelen (Mémosciences) D’origine modeste, John Dalton se passionne dès son jeune âge pour les mathématiques et les sciences. A l’âge de quinze ans, il devient enseignant dans une école privée d’obédience Quaker, comme lui. Plus tard, après avoir été professeur au New College de Manchester, il s’installe comme précepteur indépendant en mathématiques et sciences. Il est d’abord attiré par la météorologie, domaine dans lequel il tiendra un journal d’observation de 1787 à sa mort. Sa première oeuvre scientifique est d’ailleurs intitulée Meteorological Observations and Essays (1793). Devenu membre de la Manchester Literary and Philosophical Society, il s’adonnera à des recherches variées sur la vision des couleurs et sur l’humidité de l'atmosphère. C’est lui qui le premier détecte le défaut de vision des couleurs qui porte son nom. Mais c’est à partir de 1803 qu’il entame ce qui constituera une véritable révolution dans la philosophie chimique : en lisant un mémoire sur l’absorption des gaz par l’eau, il présente pour la première fois son hypothèse atomique qu’il développera ensuite dans une série de conférences à la Royal Institution de Londres. A New System of Chemical Philosophy dont le premier tome paraît en 1808, expose la théorie atomique qui deviendra le fondement à toute théorie chimique. Brigitte Van Tiggelen est chercheur associé au Centre de Recherche en Histoire des Sciences (Université catholique de Louvain, Louvain-la-neuve). Licenciée en physique et en histoire, elle a consacré sa thèse de doctorat à un chimiste du XVIIIème siècle. Depuis, d'autres périodes de l'histoire de la chimie ont retenu son attention et elle travaille à présent sur le chymiste J. R. Glauber. Présidente de la Division d'Histoire de la chimie de la Société Royale de Chimie, elle a à cœur de développer et faire connaître l’histoire de la discipline en Belgique et a publié Chimie et Chimistes de Belgique (Labor, 2004).
Atomes ou proportions ? Catherine Kounelis (ESPCI, F) Critiquée sous certains de ses aspects par Davy et Berthollet, la théorie atomique de Dalton n’a pas été pour autant rejetée en bloc par ses contemporains. Mesurer le poids des atomes, voilà une idée dont l’utilité est reconnue par tous, à condition de reléguer hors du domaine de la chimie la question de savoir si ces « atomes » sont vraiment indivisibles. Ce n’est qu’à ce prix, celui de perdre sa signification étymologique, que la théorie atomique a pu prospérer dans les années 1810 et même pendant les années fastes de l’atomisme sous le nom de « théorie atomistique » de Berzélius dans les années 1820. Réduite à un ensemble de règles de combinaison, elle ne diffère guère du système des proportions ou des équivalents. Etudier la réception de la théorie atomique c’est donc, avant tout, tenter de démêler ce que fut réellement cette théorie entre 1810 et 1825 de la façon dont l’historiographie l’a souvent considérée. La loi de Gay-Lussac et le rôle de l’hypothèse d’Avogadro seront revus à la lumière de cette analyse. Catherine Kounelis est auteur de plusieurs publications sur l’histoire de la chimie, plus particulièrement la période du 19e siècle en France, avec pour principal centre d’intérêt l’histoire de l’atomisme. En 1991, elle a publié avec B. Bensaude-Vincent, Les atomes. Une anthologie historique (Presses Pocket). Depuis 1998, elle dirige la Bibliothèque et le Centre de ressources historiques de l’Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles (ESPCI). Dans le cadre de ses fonctions à l’ESPCI, elle a été commissaire de l’exposition La Physique de Paul Langevin. Un savoir partagé en 2005, à l’occasion de l’année mondiale de la physique. |